mardi 1 mai 2007

le fossoyeur de la blogosphère

Je sais que c'est toujours la faute des autres.

Les gens racontent-ils vraiment leur vie sur leur blog ? Une vie en petits bouts tout expliquée à l'usage des lecteurs commentateurs, un mode d'emploi du moi, pas même de quoi faire une bio ou autobiographie compréhensible ou alors nous sommes devenus spasmophiles de l'existence. Vie/blog puis trou, vie/blog puis trou, vie/blog puis trou. Des p'tits trous. Mais c'est beau, quand même. La vie des autres.
Alors moi, c'est le pepsi. Je sirote du pepsi en ouvrant à peine les lèvres pour sentir les petites bulles comme des grains fondus. C'est tout à fait bobo n'est ce pas ? Je bois du pepsi, petites bulles, qu'est ce que le bonheur, yeahhhhhhhhhh, ohhhhhhhhhhh, j'adore la vie vue d'en haut.
Est ce vraiment ma vie ? Est-on vraiment nous lorsqu'on se contente de faire croire qu'on a du recul sur tout en analysant la moindre pensée et en transformant tout en récit blasé, drôle, héroïquement décadant ? Parce que les gens que je rencontre sont si différents des bloggueurs, tellement moins excitants, que je m'demande, quand même, je m'demande pour qui se prend-on.

3 commentaires:

& a dit…

Oui ! Tout à fait ! Mais c'est pas l'outil, qui est con, c'est les cons. La preuve, madame, vous en faites si bon usage.

Rock on,
É.

lecadavreexquis a dit…

oh, ze suis au bord des larmes. Mais je m'inclus dedans. Je suis étonnée par le décalage entre nos écrits, surtout pour ceux qui écrivent vraiment bien, ce recul que l'on prend, cette analyse souvent ironique voire cynique, et nous-mêmes en vrai. Les blogs nous ont rendus virtuellement intéressants...

Cuchlainn a dit…

Peut-être que nous ne savons pas vivre ce que nous bloggons, tout occupés à policer notre apparence réelle, en cultivant l'idée que l'Internet est libre, toussa toussa... et donc qu'on peut s'y lâcher. Caricature dans un sens et dans l'autre, et grand écart.