Le métro n'est pas un endroit pour mourir. Les gens n'ont vraiment pas que ça à faire.
"C'était trop Horrible, j'te promets".
Si on ne le promettait pas il y aurait un doute et ça, c'est insupportable.
Quand on écoute discrètement les conversations des autres, on est vite mal à l'aise à cause de toutes ses choses Horribles qu'ils n'arrêtent pas de voir et de tous ces évènements Atroces qu'ils vivent quotidiennement.
"T'aurais vu le monde dans le magasin, c'était atroce"
"Ah non mais j'te jure j'en pouvais plus tellement c'était horrible".
"On est resté comme des cons sans rien dire, trop affreux la situation t'imagines ?!" C'est une vraie question ?
Aussi, quand il y a eu cet homme jeune, inconscient, nu sous une couverture dorée, peut-être mort, peut-être presque mort, avec cet air de n'être rien, dans la dépossession de lui-même, dans l'abandon au temps suspendu de sa conscience disparue, et que les types du Samu tournaient autour de lui, accroupis, affairés, calmes, et que le personnel de la RATP disaient aux usagers pressés de sortir de l'autre côté, les gens n'ont pas eu que ça à faire, que de voir l'horreur.
C'était la fin de la journée, faut comprendre.
lecadavreexquis
jeudi 19 novembre 2009
mardi 10 novembre 2009
Ex ducere
L’hôtel de ville est un chef d’œuvre de la période néo-classique du jour d’après. On peut remarquer sa bonne facture industrielle, notamment sur les côtés et entre les portes de la face Nord. On peut apercevoir, au creux des niches, les statues décoratives : ici Lucius Caïus qui rédigea les plans selon le caryotype d’Orange , et son neveu le Duc Saint Just de La Vega qui ordonna la construction par décret mental. Là et encore là, des chapiteaux corinthiens d’inspiration dogmatiques très chrétiennes, surmontant des fûts cannelés à l’origine palmyformes, mais rendus papyriformes pas suite d’une décision de justice qui dura près de trois ans. Beaucoup de Parisiens lettrés crièrent à l’injure fondamentale et manifestèrent dans un bain de sang républicain. Le Duc imposa le respect dans un discours présidentiel resté célèbre : « Vous ne savez pas ». Le drapeau français fut sorti et on pleura beaucoup pour le principe.
A l’arrière train on devine les vestiges post coloniaux d’un mastaba de la terre sainte. On suppose qu’il avait été ramené à la fin des croisades par le Chevalier Reynaud du Bourguemestre, afin de légitimer les prétentions du royaume de France à devenir la fille aînée de l’Eglise. Malheureusement, lorsque Dieu mourut, le mastaba tomba en désuétude et personne aujourd’hui n’y prête plus guère attention.
D’un point de vue industriel, l’Hôtel de ville est une réussite. Grâce aux nanotechnologies, on a pu réaliser un bâtiment de développement durable unique en son genre. Il représente le pouvoir politique en place et un certain idéal démocratique à forte valeur ajoutée. On peut d’ailleurs lire des inscriptions cunéiformes sur l’architrave principale au dessus de la Grande Porte : elles signifient « c'est pour la France, merci d'avance», comme d’évidence.
A l’arrière train on devine les vestiges post coloniaux d’un mastaba de la terre sainte. On suppose qu’il avait été ramené à la fin des croisades par le Chevalier Reynaud du Bourguemestre, afin de légitimer les prétentions du royaume de France à devenir la fille aînée de l’Eglise. Malheureusement, lorsque Dieu mourut, le mastaba tomba en désuétude et personne aujourd’hui n’y prête plus guère attention.
D’un point de vue industriel, l’Hôtel de ville est une réussite. Grâce aux nanotechnologies, on a pu réaliser un bâtiment de développement durable unique en son genre. Il représente le pouvoir politique en place et un certain idéal démocratique à forte valeur ajoutée. On peut d’ailleurs lire des inscriptions cunéiformes sur l’architrave principale au dessus de la Grande Porte : elles signifient « c'est pour la France, merci d'avance», comme d’évidence.
Depuis lors, cette maxime sert de jurisprudence.
samedi 31 octobre 2009
Comment l'esprit vient aux enfants
Métro ligne 3, arrêt Père Lachaise.
Un enfant : "Nous, on l'a pas perdu notre chaise !"
Merci d'être un enfant. C'est trop bon ça.
Un enfant : "Nous, on l'a pas perdu notre chaise !"
Merci d'être un enfant. C'est trop bon ça.
dimanche 25 octobre 2009
Le bon côté de la pauvreté
Paris est beau, belle, à tous les temps, à chaque regard surpris, sur tous les ponts.
Survivre à Paris avec moins de 750 euros par mois.
Se loger. Un loyer parisien payé, c'est un peu de désir d'aventure enterré. On découvre vite que le ballon d'eau chaude est trop petit, qu'on ne peut pas cuisiner à deux, que l'air est si humide que les vêtements ne sèchent pas et sentent le moisi, que toutes les prises électriques ne fonctionnent pas. Mais vous avez un toit sur la tête, c'est le bon côté.
Se nourrir. C'est très simple. A force de manger des pâtes vous n'aurez plus faim. Pratique et pas cher.
Se vêtir. Ne rien acheter, aller chez emmaüs pour faire face à l'hiver mais ne pas être trop difficile quant à votre allure. Vous ne sortez pas d'un clip de pop adolescente fluo, ni d'une publicité pour HM, mais bien du XX arrondissement.
Se divertir. Passer ses après midi à la BPI : c'est gratuit et dans la queue du ticket Internet vous verrez pleins de gens à peu près comme vous sauf que eux n'ont pas de ballon d'eau chaude du tout.
Vos horizons. Lutter contre le pole.emploi qui tente par des moyens peu subtils de vous radier, l'air de rien. Lutter contre la CAF qui avoue avoir traité votre dossier il y a un mois mais on n'en saura pas plus. Lutter pour savoir ce que vous avez fichu pour vous retrouver dans ce merdier.
Mais c'est encore le bon côté de la pauvreté. C'est un peu fatiguant mais on en meurt pas.
Survivre à Paris avec moins de 750 euros par mois.
Se loger. Un loyer parisien payé, c'est un peu de désir d'aventure enterré. On découvre vite que le ballon d'eau chaude est trop petit, qu'on ne peut pas cuisiner à deux, que l'air est si humide que les vêtements ne sèchent pas et sentent le moisi, que toutes les prises électriques ne fonctionnent pas. Mais vous avez un toit sur la tête, c'est le bon côté.
Se nourrir. C'est très simple. A force de manger des pâtes vous n'aurez plus faim. Pratique et pas cher.
Se vêtir. Ne rien acheter, aller chez emmaüs pour faire face à l'hiver mais ne pas être trop difficile quant à votre allure. Vous ne sortez pas d'un clip de pop adolescente fluo, ni d'une publicité pour HM, mais bien du XX arrondissement.
Se divertir. Passer ses après midi à la BPI : c'est gratuit et dans la queue du ticket Internet vous verrez pleins de gens à peu près comme vous sauf que eux n'ont pas de ballon d'eau chaude du tout.
Vos horizons. Lutter contre le pole.emploi qui tente par des moyens peu subtils de vous radier, l'air de rien. Lutter contre la CAF qui avoue avoir traité votre dossier il y a un mois mais on n'en saura pas plus. Lutter pour savoir ce que vous avez fichu pour vous retrouver dans ce merdier.
Mais c'est encore le bon côté de la pauvreté. C'est un peu fatiguant mais on en meurt pas.
mardi 29 septembre 2009
Ce pénible instinct de survie
A ceux qui sentent la mort comme le clodo de la BPI.
Il est jeune, roux comme un écossais, il porte un anorak noir et un petit bonnet, un pantalon à peine trop court qui rejoint mal des chaussettes dégueulasses, et des bandages encore blanc, encore neufs, à ses poignets. Je lui donne 3 ou 4 mois. 28 ans et 3 ou 4 mois de naissance à la rue. Je me disais, quand je le voyais assis, qu’il devait être au chômage comme ceux de la médiathèque d’Evry, comme moi et eux qui se posaient dans des coins pour attendre la fermeture. Je me disais celui-là il n’a rien à faire de ses journées, il n’a peut-être plus rien. Il passe ses après midi à faire la queue pour le ticket Internet. Je ne m’étais pas rendue compte que le manteau qu’on ne quitte pas c’est un truc de clodo qui a toujours froid parce qu’il a toujours faim. Mais comme je faisais la queue pour le ticket, l’étudiant devant moi ne voulait pas bouger pour ne pas s’approcher de celui qui puait la mort. Je me disais pauvre con, respire par la bouche et ne fait pas ta chochotte. C’est ce que je faisais. Cette odeur de pourriture, je me demande si c’est la même que celle des morts. Ce jeune perdu dégoûtant avec ses poignets guéris devrait être mort mais il n’en porte que la sale odeur écœurante, une odeur de la vie tournée, moisie, blette, qui noue et serre les tripes fragiles de ceux qui craignent l’avenir. Je pensais qu’on était tous derrière la mort, qu’on attendait, qu’on piétinait et qu’on avançait derrière elle. Lui, le clodo qui s’est loupé n’a plus rien à craindre. Et que peut-il craindre quand il n’y a rien à attendre, quand des gens de bonne volonté lui ont cautérisé les plaies d’un suicide manqué et l’ont laissé à sa vie bloquée, déchue, ratée, anéantie ?
Je ne vois que ça à Paris, une foire des monstres à ciel ouvert. Je devrais parler de celui-ci qui, à quatre pattes, crachait par terre pour faire une composition salivaire sur l’asphalte, de la folle aux dents comme des pieux qui chantait dans une langue que même Dieu ne connaît pas, de celui qui demandait les filles en mariage dans le métro, et de tous les pauvres chaque jour, qui traversent la ville sans s’arrêter pour mourir parce que ce n’est jamais à eux de décider si ça vaut le coup. Et le clodo aux poignets guéris qui se grattent la tête en attendant de regarder la vie réussie sur Internet.
Il est jeune, roux comme un écossais, il porte un anorak noir et un petit bonnet, un pantalon à peine trop court qui rejoint mal des chaussettes dégueulasses, et des bandages encore blanc, encore neufs, à ses poignets. Je lui donne 3 ou 4 mois. 28 ans et 3 ou 4 mois de naissance à la rue. Je me disais, quand je le voyais assis, qu’il devait être au chômage comme ceux de la médiathèque d’Evry, comme moi et eux qui se posaient dans des coins pour attendre la fermeture. Je me disais celui-là il n’a rien à faire de ses journées, il n’a peut-être plus rien. Il passe ses après midi à faire la queue pour le ticket Internet. Je ne m’étais pas rendue compte que le manteau qu’on ne quitte pas c’est un truc de clodo qui a toujours froid parce qu’il a toujours faim. Mais comme je faisais la queue pour le ticket, l’étudiant devant moi ne voulait pas bouger pour ne pas s’approcher de celui qui puait la mort. Je me disais pauvre con, respire par la bouche et ne fait pas ta chochotte. C’est ce que je faisais. Cette odeur de pourriture, je me demande si c’est la même que celle des morts. Ce jeune perdu dégoûtant avec ses poignets guéris devrait être mort mais il n’en porte que la sale odeur écœurante, une odeur de la vie tournée, moisie, blette, qui noue et serre les tripes fragiles de ceux qui craignent l’avenir. Je pensais qu’on était tous derrière la mort, qu’on attendait, qu’on piétinait et qu’on avançait derrière elle. Lui, le clodo qui s’est loupé n’a plus rien à craindre. Et que peut-il craindre quand il n’y a rien à attendre, quand des gens de bonne volonté lui ont cautérisé les plaies d’un suicide manqué et l’ont laissé à sa vie bloquée, déchue, ratée, anéantie ?
Je ne vois que ça à Paris, une foire des monstres à ciel ouvert. Je devrais parler de celui-ci qui, à quatre pattes, crachait par terre pour faire une composition salivaire sur l’asphalte, de la folle aux dents comme des pieux qui chantait dans une langue que même Dieu ne connaît pas, de celui qui demandait les filles en mariage dans le métro, et de tous les pauvres chaque jour, qui traversent la ville sans s’arrêter pour mourir parce que ce n’est jamais à eux de décider si ça vaut le coup. Et le clodo aux poignets guéris qui se grattent la tête en attendant de regarder la vie réussie sur Internet.
mardi 11 août 2009
In libro veritas
Qu'est donc que "le fond de vérité" ? Si on ne croit pas à la révélation, ordinairement on admet qu'il n'y a pas de vérité absolue. Les philosophes ont donc tous un peu raison parce que tout de même il y a un "fond de vérité"... Le fond de vérité, est ce que c'est comme le fond de veau ?
Passons en revue les livres mijotés au fond de vérité et qui donne à la vie le goût des choses vraies (et simples comme les knackis) :
- "Qu'est ce que le bonheur" et "L'art d'être heureux" certainement publié chez O. Jacob. Bien que présentant des similitudes dans la table des matières, ce sont bel et bien deux sujets différents mais très chargé en fond de vérité fadasse. Evidemment ils ne sont pas subversifs.
- "Apprenez à dire non", "Faites vous confiance", et "Réalisez vos désirs", même édition. Ces trois ouvrages auraient pu être condensés en un seul livre titré "La toute puissance" ou comment réaliser un massacre pour satisfaire votre énergie vitale malmenée par la société de compétition. Il y a bien là un fond de vérité.
- "Cuisinez pas cher". A piori es auteurs de ce genre de bouquin s'adressent à une catégorie qui n'a jamais eu à faire un régime pates-yaourt nature. Le meilleur moyen d'atteindre les 46 kilos mesdames : vous en rêviez, le chômage l'a fait. Le conseiller ANPE élu coach minceur de l'année. Mensonge donc ? Mais non car il reste le fond de vérité : utilise un verre d'eau en guise d'assiette pour y farcir des patates à l'huile d'olive ce n'est pas cher du tout...
Voici donc la liste non exhaustive mais représentative des best-sellers des grandes librairies. Ils sont inutiles, insipides, indolores mais ils se vendent parce qu'ils ont tous le fond de vérité.
C'est comme le fond de veau dans les pâtes du chômeur : ça donne indéniablement un bon goût mais enfin, ce ne sont toujours que des pâtes...
Passons en revue les livres mijotés au fond de vérité et qui donne à la vie le goût des choses vraies (et simples comme les knackis) :
- "Qu'est ce que le bonheur" et "L'art d'être heureux" certainement publié chez O. Jacob. Bien que présentant des similitudes dans la table des matières, ce sont bel et bien deux sujets différents mais très chargé en fond de vérité fadasse. Evidemment ils ne sont pas subversifs.
- "Apprenez à dire non", "Faites vous confiance", et "Réalisez vos désirs", même édition. Ces trois ouvrages auraient pu être condensés en un seul livre titré "La toute puissance" ou comment réaliser un massacre pour satisfaire votre énergie vitale malmenée par la société de compétition. Il y a bien là un fond de vérité.
- "Cuisinez pas cher". A piori es auteurs de ce genre de bouquin s'adressent à une catégorie qui n'a jamais eu à faire un régime pates-yaourt nature. Le meilleur moyen d'atteindre les 46 kilos mesdames : vous en rêviez, le chômage l'a fait. Le conseiller ANPE élu coach minceur de l'année. Mensonge donc ? Mais non car il reste le fond de vérité : utilise un verre d'eau en guise d'assiette pour y farcir des patates à l'huile d'olive ce n'est pas cher du tout...
Voici donc la liste non exhaustive mais représentative des best-sellers des grandes librairies. Ils sont inutiles, insipides, indolores mais ils se vendent parce qu'ils ont tous le fond de vérité.
C'est comme le fond de veau dans les pâtes du chômeur : ça donne indéniablement un bon goût mais enfin, ce ne sont toujours que des pâtes...
mercredi 17 juin 2009
think different, think like me
Faites comme tout le monde, soyez différents.
Pourquoi les gens vivent comme ils vivent et pourquoi font-ils ce qu'ils font, ce sont mes questions essentielles qui me poussent parfois à la lecture de journaux comme les inrocks ou pire, tecknikart. Dans le premier on nous montre comment il faut être, dans l'autre comment se moquer de ce que l'on est. Pour mieux expliquer c'est un peu comme voir sur un rayon d'une grande librairie deux livres qui parlent de la même chose sans le vouloir : "comment être heureux" et "arrêtons de vouloir être heureux à tout prix".
Dans les inrock on voit des gens figés dans une attitude très "je suis moi-même depuis l'avènement du 2.0". Les filles ont des franges dégradées et s'habillent de multiples couches de vêtements de supermarché avec en prime les vieux excarpins suspects trouvés dans le fond d'une friperie malodorante. Elle se tiennent un peu penchée, un pied rentré vers l'intérieur dans une attitude pute de poche anorexique cocaïnée qui se fait défoncer l'entre jambe le samedi soir sans que les parents ne se doutent de rien. C'est l'adolescence, ce n'est pas grave, suffit de vieillir et puis à 28 ans elle se mariera, aura enfin un CDI et fera des enfants, et on tous sera au courant gâce à facebook. Mais ce n'est pas l'important. L'important c'est que les journalistes aiment ça parce que c'est "irrévérencieux", "politiquement incorrect", "déjanté", "qui met le doigt sur les tendances destroys de la société". Et puis surtout cela montre que les jeunes ont quelque chose à dire.
Que peut-on montrer de plus ? Que peut-on faire d'autre que de faire puis de dénoncer ce que l'on fait ? Où peut-on aller à force de faire de nos défauts et de notre soi disant "vide intérieur" de la culture branchée ?
Etre soi-même c'est être tendance et être tendance c'est être mal habillé. En fait tout se résume à cela.
Il y en a des pareils à Châtelet. Des gens habillés pour dire tout ce qu'ils sont, qu'ils aiment la liberté d'expression et l'art contemporain. Tout va bien pour moi, je n'ose même pas porter un chapeau de peur qu'on me remarque. Je ne suis pas, mais je pense.
Pourquoi les gens vivent comme ils vivent et pourquoi font-ils ce qu'ils font, ce sont mes questions essentielles qui me poussent parfois à la lecture de journaux comme les inrocks ou pire, tecknikart. Dans le premier on nous montre comment il faut être, dans l'autre comment se moquer de ce que l'on est. Pour mieux expliquer c'est un peu comme voir sur un rayon d'une grande librairie deux livres qui parlent de la même chose sans le vouloir : "comment être heureux" et "arrêtons de vouloir être heureux à tout prix".
Dans les inrock on voit des gens figés dans une attitude très "je suis moi-même depuis l'avènement du 2.0". Les filles ont des franges dégradées et s'habillent de multiples couches de vêtements de supermarché avec en prime les vieux excarpins suspects trouvés dans le fond d'une friperie malodorante. Elle se tiennent un peu penchée, un pied rentré vers l'intérieur dans une attitude pute de poche anorexique cocaïnée qui se fait défoncer l'entre jambe le samedi soir sans que les parents ne se doutent de rien. C'est l'adolescence, ce n'est pas grave, suffit de vieillir et puis à 28 ans elle se mariera, aura enfin un CDI et fera des enfants, et on tous sera au courant gâce à facebook. Mais ce n'est pas l'important. L'important c'est que les journalistes aiment ça parce que c'est "irrévérencieux", "politiquement incorrect", "déjanté", "qui met le doigt sur les tendances destroys de la société". Et puis surtout cela montre que les jeunes ont quelque chose à dire.
Que peut-on montrer de plus ? Que peut-on faire d'autre que de faire puis de dénoncer ce que l'on fait ? Où peut-on aller à force de faire de nos défauts et de notre soi disant "vide intérieur" de la culture branchée ?
Etre soi-même c'est être tendance et être tendance c'est être mal habillé. En fait tout se résume à cela.
Il y en a des pareils à Châtelet. Des gens habillés pour dire tout ce qu'ils sont, qu'ils aiment la liberté d'expression et l'art contemporain. Tout va bien pour moi, je n'ose même pas porter un chapeau de peur qu'on me remarque. Je ne suis pas, mais je pense.
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