Faites comme tout le monde, soyez différents.
Pourquoi les gens vivent comme ils vivent et pourquoi font-ils ce qu'ils font, ce sont mes questions essentielles qui me poussent parfois à la lecture de journaux comme les inrocks ou pire, tecknikart. Dans le premier on nous montre comment il faut être, dans l'autre comment se moquer de ce que l'on est. Pour mieux expliquer c'est un peu comme voir sur un rayon d'une grande librairie deux livres qui parlent de la même chose sans le vouloir : "comment être heureux" et "arrêtons de vouloir être heureux à tout prix".
Dans les inrock on voit des gens figés dans une attitude très "je suis moi-même depuis l'avènement du 2.0". Les filles ont des franges dégradées et s'habillent de multiples couches de vêtements de supermarché avec en prime les vieux excarpins suspects trouvés dans le fond d'une friperie malodorante. Elle se tiennent un peu penchée, un pied rentré vers l'intérieur dans une attitude pute de poche anorexique cocaïnée qui se fait défoncer l'entre jambe le samedi soir sans que les parents ne se doutent de rien. C'est l'adolescence, ce n'est pas grave, suffit de vieillir et puis à 28 ans elle se mariera, aura enfin un CDI et fera des enfants, et on tous sera au courant gâce à facebook. Mais ce n'est pas l'important. L'important c'est que les journalistes aiment ça parce que c'est "irrévérencieux", "politiquement incorrect", "déjanté", "qui met le doigt sur les tendances destroys de la société". Et puis surtout cela montre que les jeunes ont quelque chose à dire.
Que peut-on montrer de plus ? Que peut-on faire d'autre que de faire puis de dénoncer ce que l'on fait ? Où peut-on aller à force de faire de nos défauts et de notre soi disant "vide intérieur" de la culture branchée ?
Etre soi-même c'est être tendance et être tendance c'est être mal habillé. En fait tout se résume à cela.
Il y en a des pareils à Châtelet. Des gens habillés pour dire tout ce qu'ils sont, qu'ils aiment la liberté d'expression et l'art contemporain. Tout va bien pour moi, je n'ose même pas porter un chapeau de peur qu'on me remarque. Je ne suis pas, mais je pense.
lecadavreexquis
mercredi 17 juin 2009
samedi 23 mai 2009
they fed us on little white lies
Je vais dire je et parler de moi. Pour le côté "je m'aime quand j'y arrive enfin, à poster sur mon blog".
Les gens connaissent des débordements d'humeurs qu'on croit être les seuls à vivre dans le repli de nos angoisses. Les gens sont des missionnaires du développement personnel, des tueurs de temps morts, d'héroiques survivants puisque le courage, ici et maintenant, semble être de se lever tous les matins en marmonnant "vivement c'soir". Le temps passe en me trahissant parfois quand il va trop lentement, la télé me divertit en me trahissant souvent, et l'unique intérêt de la vie doit résider dans le fait de prendre proprement ces repas. Quand je désire ce pot de pâté je me dis que la vie est simple et bien faite. J'ai du mal à m'indigner et très franchement le sort du monde m'a complètement échappé. J'ai vieilli, je m'en sens un peu coupable. Drôle de petit moment où il faut retrouver ses véhémences post-adolesentes, quand on tente de se repleupler de ses excès, qu'on désire tout ou rien. Drôle de petit moment quand on ne sait si ce sont les dernieres décharges de rêves, les derniers coups de pression avant de trouver que les jeunes sont définitivement stupides et que les vraies valeurs de la vie ne sont que ça : "mange tes légumes et ferme ta gueule".
Je connais pas mal de gens qui ont trouvé leur place mais maintenant, qu'est ce qu'ils zon mal au cul.
Les gens connaissent des débordements d'humeurs qu'on croit être les seuls à vivre dans le repli de nos angoisses. Les gens sont des missionnaires du développement personnel, des tueurs de temps morts, d'héroiques survivants puisque le courage, ici et maintenant, semble être de se lever tous les matins en marmonnant "vivement c'soir". Le temps passe en me trahissant parfois quand il va trop lentement, la télé me divertit en me trahissant souvent, et l'unique intérêt de la vie doit résider dans le fait de prendre proprement ces repas. Quand je désire ce pot de pâté je me dis que la vie est simple et bien faite. J'ai du mal à m'indigner et très franchement le sort du monde m'a complètement échappé. J'ai vieilli, je m'en sens un peu coupable. Drôle de petit moment où il faut retrouver ses véhémences post-adolesentes, quand on tente de se repleupler de ses excès, qu'on désire tout ou rien. Drôle de petit moment quand on ne sait si ce sont les dernieres décharges de rêves, les derniers coups de pression avant de trouver que les jeunes sont définitivement stupides et que les vraies valeurs de la vie ne sont que ça : "mange tes légumes et ferme ta gueule".
Je connais pas mal de gens qui ont trouvé leur place mais maintenant, qu'est ce qu'ils zon mal au cul.
jeudi 1 janvier 2009
les proses de l'ennui
To be
Quelqu’un d’autre. Comme ceux qui boivent trop la nuit et qui ont conscience de leur ivresse revendiquée comme un savoir vivre. J’espérais rejouer les moments où il fallait parler, et que tout était presque accompli dans la recherche de l’autre. Quand on s’étonne de si bien comprendre, qu’on a l’impression que la vie calcule cela pour nous et que les résultats concordent enfin. Quand cela avait la pureté des espoirs et des accomplissements, l’innocence de l’attente pour ne rien brusquer et que le temps fasse accorder tous nos rythmes discrets, nos pulsations quotidiennes, ce qui n’appartient qu’à nous et qui trouve parfois l’écho attendu. C’est ce que j’ai appelé amour et nous avons des amours différents.
Don’t make me fall.
Elle le regarde en coin, le coin du monde où elle se trouve est balayé de son regard. Il finira par se lever, il rabat le coin de sa veste. Un coin, c’est là que s’assoient les gens qui savent quoi faire sans savoir quoi faire. On s’assoit dans un coin ? ils demandent. Ok ! ils répondent. La beauté du coin tient souvent au fait que ce soit le même coin. Et la plupart des gens se retrouvent dans ce genre de coin. Le coin le plus joli. Sinon il y a les coins où personne ne va : il faut dire les coins à vieux, les coins qui donnent envie de partir. Mais là, en réalité, ce n’était pas vraiment un coin. C’était le pont. Le pont est un genre de coin si on veut, mais assez exclusivement réservé à une imagerie cinématographique. Et ce pont là, c’était le bon : le pont des arts, le pont des étudiants. Et lui il avait un appareil photo. Sur le pont des arts. Il avait même poussé son rôle jusqu’à enfiler deux chaussettes de couleur différente, une bleue et une verte. L’originalité, le non conformisme peut-être, la revendication d’une personnalité distraite qui ne fait pas bien les choses. Mais enfin, ce n’étaient que des chaussettes ! C’est ce qu’elle se disait avec son regard. Alors il s’est levé, il a mis sa veste, pris son appareil et sa besace et il n’est pas allée vers la rue Bonaparte. Il est allé à l’envers de tout, a tourné vers Châtelet et elle n’a pas eu envie de le suivre.
Quelqu’un d’autre. Comme ceux qui boivent trop la nuit et qui ont conscience de leur ivresse revendiquée comme un savoir vivre. J’espérais rejouer les moments où il fallait parler, et que tout était presque accompli dans la recherche de l’autre. Quand on s’étonne de si bien comprendre, qu’on a l’impression que la vie calcule cela pour nous et que les résultats concordent enfin. Quand cela avait la pureté des espoirs et des accomplissements, l’innocence de l’attente pour ne rien brusquer et que le temps fasse accorder tous nos rythmes discrets, nos pulsations quotidiennes, ce qui n’appartient qu’à nous et qui trouve parfois l’écho attendu. C’est ce que j’ai appelé amour et nous avons des amours différents.
Don’t make me fall.
Elle le regarde en coin, le coin du monde où elle se trouve est balayé de son regard. Il finira par se lever, il rabat le coin de sa veste. Un coin, c’est là que s’assoient les gens qui savent quoi faire sans savoir quoi faire. On s’assoit dans un coin ? ils demandent. Ok ! ils répondent. La beauté du coin tient souvent au fait que ce soit le même coin. Et la plupart des gens se retrouvent dans ce genre de coin. Le coin le plus joli. Sinon il y a les coins où personne ne va : il faut dire les coins à vieux, les coins qui donnent envie de partir. Mais là, en réalité, ce n’était pas vraiment un coin. C’était le pont. Le pont est un genre de coin si on veut, mais assez exclusivement réservé à une imagerie cinématographique. Et ce pont là, c’était le bon : le pont des arts, le pont des étudiants. Et lui il avait un appareil photo. Sur le pont des arts. Il avait même poussé son rôle jusqu’à enfiler deux chaussettes de couleur différente, une bleue et une verte. L’originalité, le non conformisme peut-être, la revendication d’une personnalité distraite qui ne fait pas bien les choses. Mais enfin, ce n’étaient que des chaussettes ! C’est ce qu’elle se disait avec son regard. Alors il s’est levé, il a mis sa veste, pris son appareil et sa besace et il n’est pas allée vers la rue Bonaparte. Il est allé à l’envers de tout, a tourné vers Châtelet et elle n’a pas eu envie de le suivre.
dimanche 9 novembre 2008
Le fantôme de la pépinière
Je fais du théâtre. Au cours Jean Laurent Cochet. Mais oui, renseignez vous un peu, Depardieu, Lucchini, Hupert, tout ce qu'on se sera jamais, c'est Lui. Un Gourou homosexuel de 80 printemps qui étend sa passion de l'art dramatique jusqu'à l'éternité.
Comme je suis une fille et que donc je présente peu d'intérêt, que je ne suis pas au sommet de l'interprétation, je me délocalise une nouvelle fois et je tricote. Je tricote la comédie.
Je vous porte. Tous, je vous porte avec ce que vous montrer chaque jour. Votre musique, votre voix, votre regard, vos mains agitées, vos inflexions, vos inspirations, ce que l’on vous appris et que vous faites si bien. Vos réaccentuations, je les entends, je les absorbe. Tout y passe. Je me fais éponge. Je n’ai rien à donner d’autre que vous-mêmes. Je vous observe, je vous écoute, tout ce que vous dites se rappelle à moi. Vous êtes fichés quelque part en moi, je suis l’espionne que vous ne soupçonnez pas.
Vous ne dites aucune virgule ni de point, les derniers mots sont les premiers. C’est le rythme appris, vous êtes si doués. Parfois les bouches se pincent après un mot : effet de timidité, de manque d’assurance ? Les mains, les bras, se croisent et s’abandonnent tout au long de la prestation, se croisent et s’abandonnent pour livrer le poids du sentiment. Vous me le livrer si bien que je ne vois plus que cela. Peu importe ce que vous dites, je ne vois plus que vos mains qui se croisent puis s’abandonnent.
Vous balancez votre corps sur des jambes qui cherchent à danser vos inflexions si bien comprises et si bien appliquées. Vous souriez les yeux mouillés. Vous êtes en extase de tant de beauté et de douleur dans ce poème que vous donnez. Il faut nous le faire comprendre. Vous êtes le sentiment, vous êtes la musique.
Votre voix n’ose pas toujours aller au bout. Pas si fort ! Vous retenez. Vous vous tenez un peu en déséquilibre.
Il y a tout, il y les yeux qui regardent un coin, il y a les grimaces qui prouvent que vous pensez votre texte, il y a les bizarreries de votre récitations.
Je vous porte tous. Les amuseurs, les menteurs, les bouffons. Les comédiens.
Comme je suis une fille et que donc je présente peu d'intérêt, que je ne suis pas au sommet de l'interprétation, je me délocalise une nouvelle fois et je tricote. Je tricote la comédie.
Je vous porte. Tous, je vous porte avec ce que vous montrer chaque jour. Votre musique, votre voix, votre regard, vos mains agitées, vos inflexions, vos inspirations, ce que l’on vous appris et que vous faites si bien. Vos réaccentuations, je les entends, je les absorbe. Tout y passe. Je me fais éponge. Je n’ai rien à donner d’autre que vous-mêmes. Je vous observe, je vous écoute, tout ce que vous dites se rappelle à moi. Vous êtes fichés quelque part en moi, je suis l’espionne que vous ne soupçonnez pas.
Vous ne dites aucune virgule ni de point, les derniers mots sont les premiers. C’est le rythme appris, vous êtes si doués. Parfois les bouches se pincent après un mot : effet de timidité, de manque d’assurance ? Les mains, les bras, se croisent et s’abandonnent tout au long de la prestation, se croisent et s’abandonnent pour livrer le poids du sentiment. Vous me le livrer si bien que je ne vois plus que cela. Peu importe ce que vous dites, je ne vois plus que vos mains qui se croisent puis s’abandonnent.
Vous balancez votre corps sur des jambes qui cherchent à danser vos inflexions si bien comprises et si bien appliquées. Vous souriez les yeux mouillés. Vous êtes en extase de tant de beauté et de douleur dans ce poème que vous donnez. Il faut nous le faire comprendre. Vous êtes le sentiment, vous êtes la musique.
Votre voix n’ose pas toujours aller au bout. Pas si fort ! Vous retenez. Vous vous tenez un peu en déséquilibre.
Il y a tout, il y les yeux qui regardent un coin, il y a les grimaces qui prouvent que vous pensez votre texte, il y a les bizarreries de votre récitations.
Je vous porte tous. Les amuseurs, les menteurs, les bouffons. Les comédiens.
jeudi 10 juillet 2008
comment réussir sa vie de merde
A peu près tous les internautes connaissant le site viedemerde.com. Tout le monde peut y mettre ses gros moments de lose personnels censés faire la joie des lecteurs grâce à de courtes phrases percutantes. J'avoue, pendant les jours qui ont suivi la découverte du site, j'ai été accro. Il me semblait que les gens avaient une vie extraordinaire... Et c'est vrai car désormais ni réussite ni bonheur ne sont gage d'une vie intéressante. Si votre vie est nulle mais que vous savez le raconter de façon à ce que tout le monde en profite, alors vous avez réussi cette même vie. Si vous ne le faites pas, gare à la dépression. Sachez prendre du recul et appréciez vos moments d'intenses solitudes affectives, parsemez le tout d'un peu d'humour et dites à tous que que avez patiemment réussi à rater votre vie, vous finirez peut-être par devenir un écrivain ou par sortir une chanson avec deux accords sur un banjo sur Myspace.
Vous pouvez travailler dans un fastfood et en faire une épopée. C'est tout de même génial! De toute façon, si votre vie a l'apparence de la réussite, que votre boulot est bien payé et que vous avez un logement décent, appliquez vous à tout démonter sur un blog, à dénoncer à fond l'hypocrisie de vos collègues, confessez que votre conjoint est loin d'être la personne de votre vie (demerde ?).
Sur viedemerde.com, les phrases commencent par "aujourd'hui". Je me suis demandée si certains moments de lose étaient réellement survenus le jour même, ou bien quelques jours auparavant. Si c'est le cas, que pensez de celui qui expose une rupture, un divorce ? Qu'est ce que cela révèle sur la sensibilité des gens ?
Vous pouvez travailler dans un fastfood et en faire une épopée. C'est tout de même génial! De toute façon, si votre vie a l'apparence de la réussite, que votre boulot est bien payé et que vous avez un logement décent, appliquez vous à tout démonter sur un blog, à dénoncer à fond l'hypocrisie de vos collègues, confessez que votre conjoint est loin d'être la personne de votre vie (demerde ?).
Sur viedemerde.com, les phrases commencent par "aujourd'hui". Je me suis demandée si certains moments de lose étaient réellement survenus le jour même, ou bien quelques jours auparavant. Si c'est le cas, que pensez de celui qui expose une rupture, un divorce ? Qu'est ce que cela révèle sur la sensibilité des gens ?
dimanche 6 juillet 2008
la digestion du poète
Aux riches appartenait la poésie et le bon goût, aux pauvres appartenait la vulgarité. Puis les deux mondes finirent par se rencontrer grâce à l'expression libre, à l'émergence de l'importance du public, à la démocratie. Mais les pauvres continuaient d'être vulgaires et les riches d'écouter de la poésie. Puis le flou entre les classes sociales finit par dissoudre, grâce aux divertissements pour tous, les contours autrefois si net des cultures d'élites et des cultures populaires, ou pire encore, de la culture de mâaaaaaasse.
Pourtant il reste quelque chose de cette opposition, entretenue par le droit d'expression de tous. Dans certaines émissions de certaines chaînes, grâce à pipicacaprout et à quelques doigts tendus pour déconner, on arrive à démystifier de grandes idées comme le beau, la poésie, la musique "classique", bref, des trucs qui passent pour être à la vérité un peu chiant pour beaucoup de gens. Mais au lieu de le dire et d'assumer sa position anti-poésie, il suffira juste de péter.
Tuer la poésie par le vent des viscères reste la situation la plus utilisée pour rompre le charme des instants calmes et sérieux.
C’est un peu comme songer que les princesses font caca.
Pourtant il reste quelque chose de cette opposition, entretenue par le droit d'expression de tous. Dans certaines émissions de certaines chaînes, grâce à pipicacaprout et à quelques doigts tendus pour déconner, on arrive à démystifier de grandes idées comme le beau, la poésie, la musique "classique", bref, des trucs qui passent pour être à la vérité un peu chiant pour beaucoup de gens. Mais au lieu de le dire et d'assumer sa position anti-poésie, il suffira juste de péter.
Tuer la poésie par le vent des viscères reste la situation la plus utilisée pour rompre le charme des instants calmes et sérieux.
C’est un peu comme songer que les princesses font caca.
mardi 17 juin 2008
c'est le dernier jour de soleil (part 2)
J’ai faim. Je vais acheter des aliments sans équilibre. Un sandwich assez cher parce c’est du jambon de pays et du pain de céréales. Et des pâtisseries diverses. Je ne mange pas tout, je laisse de la nourriture sur le banc et je sais qu’un clodo que j’ai repéré et un peu suivi va venir y faire son repas.
Je quitte le parc, je vais dans un cinéma et je demande si je peux acheter du pop corn. Je ne peux pas. Je dois acheter un billet. Je le prends, il coûte cher. Je ne vais jamais au cinéma. Je prends du pop corn salé et je sors le manger. Je regarde les gens passer et repasser, je vois ceux qui montent dans les taxis, je me suis assis sur un banc. Il y a l’université pas loin. Je n’aime pas cet endroit, c’est la réflexion que je me fais. Je n’aime pas cette place et je n’aime pas les étudiants. Je m’en vais. Je prends un bus, c’est très agréable de regarder par la fenêtre.
J’aime la chaleur des églises, il y fait frais. Je rentre dans une église et je m’assois sur une chaise pas solide du tout, au dernier rang. J’essaie d’avoir un rapport intime avec Dieu, je me dis qu’il est possible qu’une vérité me soit ainsi révélée, c’est tout à fait le moment et tout à fait l’endroit. Mais je n’y parviens pas. Pas du tout. Alors je m’en vais, sans faire le signe de croix. Et je blasphème intérieurement.
Dehors il y a des recruteurs de donateurs. Ce sont des jeunes qui accomplissent un job. Ils pensent que ça vaut mieux qu’un autre job à cause de la portée humanitaire, ou humaine tout simplement. La vérité c’est qu’ils ont juste postulé à un job trouvé sur Internet. Je le pense et je le dis à un des recruteurs qui m’a abordé. Il me répond que non, que ce qu’il fait est important, que c’est parce que les gens s’en foutent et ne pensent qu’à leurs petits problèmes de riches que le monde va mal. Que si tout le monde donnait ne serait-ce que dix euros (oui, c’est comme ça qu’ils comptent recruter les dons des chômeurs et des étudiants, en leur disant que même un peu d’argent prouvera la grandeur de leur âme), et bien on sauverait plein d’enfants de la famine, ou du sida, on aiderait vraiment la recherche qui ne trouve rien. Et si elle ne trouve rien, c’est parce que les gens ne donnent même pas dix euros. Je lui explique que les gens ne veulent plus être sollicités, qu’ils n’en peuvent plus de devoir payer pour être nés dans un pays où il faut deux rayons de supermarché pour installer toutes les marques de biscuits. Ils ne veulent plus culpabiliser de manger et d’être en bonne santé. Je lui dis tout ça. Je lui dis qu’il m’emmerde aussi, qu’il n’y a jamais réfléchi vraiment à la compassion, qu’il ne croit même pas à son discours de jeune. Il me traite d’égoïste, continue dans mon dos que c’est avec une mentalité comme ça que les gens votent à droite etc etc… je n’ai pas eu envie de préparer un bon discours, et je me fichais un peu de mes arguments pas bien menés. Je n’ai jamais été fort à l’oral. D’habitude, quand je vois un recruteur de donateur, je me mets à courir comme si j’étais pressé et personne ne m’arrête. Le soir, à la télé, il y a des recruteurs publicitaires qui nous disent à tous en même temps que l’eau est rare. Mais je ne me sens pas coupable, en tout cas pas comme les gens qui lavent leur voiture et arrosent des jardins inutiles.
Je quitte le parc, je vais dans un cinéma et je demande si je peux acheter du pop corn. Je ne peux pas. Je dois acheter un billet. Je le prends, il coûte cher. Je ne vais jamais au cinéma. Je prends du pop corn salé et je sors le manger. Je regarde les gens passer et repasser, je vois ceux qui montent dans les taxis, je me suis assis sur un banc. Il y a l’université pas loin. Je n’aime pas cet endroit, c’est la réflexion que je me fais. Je n’aime pas cette place et je n’aime pas les étudiants. Je m’en vais. Je prends un bus, c’est très agréable de regarder par la fenêtre.
J’aime la chaleur des églises, il y fait frais. Je rentre dans une église et je m’assois sur une chaise pas solide du tout, au dernier rang. J’essaie d’avoir un rapport intime avec Dieu, je me dis qu’il est possible qu’une vérité me soit ainsi révélée, c’est tout à fait le moment et tout à fait l’endroit. Mais je n’y parviens pas. Pas du tout. Alors je m’en vais, sans faire le signe de croix. Et je blasphème intérieurement.
Dehors il y a des recruteurs de donateurs. Ce sont des jeunes qui accomplissent un job. Ils pensent que ça vaut mieux qu’un autre job à cause de la portée humanitaire, ou humaine tout simplement. La vérité c’est qu’ils ont juste postulé à un job trouvé sur Internet. Je le pense et je le dis à un des recruteurs qui m’a abordé. Il me répond que non, que ce qu’il fait est important, que c’est parce que les gens s’en foutent et ne pensent qu’à leurs petits problèmes de riches que le monde va mal. Que si tout le monde donnait ne serait-ce que dix euros (oui, c’est comme ça qu’ils comptent recruter les dons des chômeurs et des étudiants, en leur disant que même un peu d’argent prouvera la grandeur de leur âme), et bien on sauverait plein d’enfants de la famine, ou du sida, on aiderait vraiment la recherche qui ne trouve rien. Et si elle ne trouve rien, c’est parce que les gens ne donnent même pas dix euros. Je lui explique que les gens ne veulent plus être sollicités, qu’ils n’en peuvent plus de devoir payer pour être nés dans un pays où il faut deux rayons de supermarché pour installer toutes les marques de biscuits. Ils ne veulent plus culpabiliser de manger et d’être en bonne santé. Je lui dis tout ça. Je lui dis qu’il m’emmerde aussi, qu’il n’y a jamais réfléchi vraiment à la compassion, qu’il ne croit même pas à son discours de jeune. Il me traite d’égoïste, continue dans mon dos que c’est avec une mentalité comme ça que les gens votent à droite etc etc… je n’ai pas eu envie de préparer un bon discours, et je me fichais un peu de mes arguments pas bien menés. Je n’ai jamais été fort à l’oral. D’habitude, quand je vois un recruteur de donateur, je me mets à courir comme si j’étais pressé et personne ne m’arrête. Le soir, à la télé, il y a des recruteurs publicitaires qui nous disent à tous en même temps que l’eau est rare. Mais je ne me sens pas coupable, en tout cas pas comme les gens qui lavent leur voiture et arrosent des jardins inutiles.
Inscription à :
Messages (Atom)