samedi 2 juin 2007

hardcore forfait

We can be heroes, à condition d'avoir du forfait.

On a tous connu des "sans amis" dans la cour de récré. Les sans amis, les parias du collège, les bizzaroïdes à calculatrice, les solitaires qui ne parlent qu'avec leur maman, les filles qui portent des jupes plissées et serre-têtes, ceux qui ont des problèmes familiaux qui nous amusent tant (ouais, machin, et ben ses parents y parait qu'y sont en prison, mdrrrr, c'est pour ça qu'il a pas d'amis, mouarf mouarf), ceux que l'on fuit parce qu'il sont contagieux, ceux à côté de qui on ne s'assoie pas parce qu'on est sûr qu'ils ont une odeur bizarre, ceux à qui on parle comme à un demeuré ou un chien ("t'es sûr qu'il y a cours de m-a-t-h-s ???), ceux dont la pauvreté vous éloigne (le pull sans forme et les tennis bon marché), ceux qui sont trop nuls ou trop intelligents pour être compris, ceux qui mangent tout seul à l'autre bout de la table et qu'on lorgne d'un air dégoûté et amusé et surtout ceux à qui on parle parfois dans le bus mais avec qui on n'a absolument pas envie d'être vu...
On a tous connu celui à qui on donne une pièce de 20 centimes en lui disant : "tiens, t'as qu'à t'acheter des amis".

Heureusement, ce temps là est terminé.
Maintenant il suffit d'avoir du forfait. Blablabla.

jeudi 3 mai 2007

punk it up

Le punk, en musique, c'est un ramassis de branleurs des écoles d'art qui savent à peine coller deux bouts de papier d'aluminium sur du polystyrène. On ne peut pas plus nihiliste. C'est pour ça que j'aurais aimé être punk.
Oui mais voilà, je ne suis ni belle, ni talentueuse, et encore moins riche, je n'ai donc rien de warholien. Même que si j'écris ça, c'est parce que je m'emmerde.
Faire un blog, c'est tout nul. Gagner du fric, c'est déjà un projet plus excitant. J'vous jure, on ne peut pas plus nihiliste. Que veut dire nihiliste ? Plouf. Et l'amour, tant qu'on y est, ça veut quoi dire ? Pouic.

Putain, j'y ai mis tout mon coeur dans ce mini post. Véridique. Pour une fois, j'ai rien pensé. Pas de style, pas d'idée, pas de questionnements préalables (est ce que c'est bien ? ça va être lu ? suis-je une bonne bloggueuse ? psychose...) quedalle, que des gros vilains mots.
Parce que le vide, parce qu'on en peut plus, parce qu'on y a perdu la santé mentale, parce qu'on s'en fout, qu'on ne veut plus s'en donner la peine, parce que les coeurs alourdis par l'attente, parce que la vie nouée, parce que c'est sans fin et sans fond, parce qu'il n'y a plus de chocolat. C'est donc ça, la décadence de l'Occident. La complainte cynernétique. Je paye un forfait chaque mois que je pourrais utiliser pour parrainer un enfant du quart monde, et tout ça pour blogguer mon ennui.

Ave. Maria.

mardi 1 mai 2007

le fossoyeur de la blogosphère

Je sais que c'est toujours la faute des autres.

Les gens racontent-ils vraiment leur vie sur leur blog ? Une vie en petits bouts tout expliquée à l'usage des lecteurs commentateurs, un mode d'emploi du moi, pas même de quoi faire une bio ou autobiographie compréhensible ou alors nous sommes devenus spasmophiles de l'existence. Vie/blog puis trou, vie/blog puis trou, vie/blog puis trou. Des p'tits trous. Mais c'est beau, quand même. La vie des autres.
Alors moi, c'est le pepsi. Je sirote du pepsi en ouvrant à peine les lèvres pour sentir les petites bulles comme des grains fondus. C'est tout à fait bobo n'est ce pas ? Je bois du pepsi, petites bulles, qu'est ce que le bonheur, yeahhhhhhhhhh, ohhhhhhhhhhh, j'adore la vie vue d'en haut.
Est ce vraiment ma vie ? Est-on vraiment nous lorsqu'on se contente de faire croire qu'on a du recul sur tout en analysant la moindre pensée et en transformant tout en récit blasé, drôle, héroïquement décadant ? Parce que les gens que je rencontre sont si différents des bloggueurs, tellement moins excitants, que je m'demande, quand même, je m'demande pour qui se prend-on.

dimanche 22 avril 2007

Give me five ou j'ten colle une

Dans second life, je suis Einstein. J'espère que je vais pas merder.

Je n’avais… vraiment rien à faire.
Le matin il fallait encore compulser les angoisses et les milles petits tracas qui constipent à tous les coups. Je branchais la radio, ou la télé, c’était égal, je voyais les gens partir et je répétais « that’s good for you, that’s good for you ». A chaque fois que S. s’énervait, ça ne ratait pas. Il avait le monologue succinct et le langage toujours approprié :
- Alors ça, ça me troue le cul !
- That’s good for you, good for you
Une histoire de constipation, en somme.

dimanche 8 avril 2007

whatever people say I am

Réveille toi, ils sont déjà tous partis.

Suite d'une historiette paysanne....

Un matin qui ne dit rien, Léopold, le seul ami de Marin depuis que ce dernier l’avait sauvé de la rupture du tympan droit en clouant le bec de son perroquet baryton à l’aide d’un chewingum, Léopold donc, traîna son ventre nu jusqu’à l’étable de Marin qui poupounait Astrid.
« Marin ! Viens voir un peu !
- Si c’est pour me faire voir ta danse, non, j’ai pas envie ! » Parce que Léopold était danseur du ventre amateur. Bien qu’il eût le pli remuant et la hanche leste, ce n’était pas beau à regarder.
« Non, c’est pas ça ! Viens voir ! » Ils traversèrent le champ qui séparait leurs deux maisons.
« Voui, c’est là, viens, j’ai trouvé un truc ! » Et que ne fut pas la stupeur qui ne fut pas, lorsque Marin découvrit un vieux au pied d’un arbre. Non qu’il avait l’air d’une boule de papier mâché et re-mâché, mais il était loin de pouvoir se travestir en jouvencelle, pas même en junkie. Il avait la bouche borgne et l’œil baveux, tandis que le nez… il n’avait plus de nez. Des filons capillaires mal plantés lui servaient de chevelure, mais on ne saurait en avoir la certitude. Pour tout vêtement, il portait un complet incomplet de matelot des temps anciens, la chemise blanche horriblement lacérée, le pantalon brun taillé en short, les chaussures inexistantes, et un étrange maillot de bain féminin une pièce… Marin rôta pour faire sortir les éléments et tenta de poser la bonne question.
« Où que tu déniches des horreurs pareilles, hein, le gros ? Tu veux pas qu’on le télévisionne, desfois qu’il aurait une gnace ou un morback à lui ? Et puis d’abord, qu’est ce que tu veux que j’en façonne moi, de ce décharné ? Il pue hein ? Ah ça, il chlingue le port ou le moine, mais il chlingue !
- Il était là haut dans l’arbre, sans te mentir ! Je suis allé pour m’appuyer tout contre et voilà que le vieux me tombe dessus ! Ah ça, je faisais la gueule ! Mais après je me suis dit qu’il était pas mort et je suis venu te voir. »
Marin se grattait la tête qu’il avait ovale, ses yeux en dedans qui ne laissait rien paraître de sa bêtise, ses lèvres en dedans qui ne laissait rien paraître de sa gourmandise, ses joues en dedans qui ne laissaient rien paraître de sa goinfrerie, son front en dedans qui laissait tout paraître de la vacuité de sa boîte crânienne.
« Prends moi le bâton là, on va le frapper un bon coup pour voir ». Le danseur s’exécuta et ramassa un morceau d’un morceau d’environnement naturel. Marin pria pour ne pas commettre un meurtre, se promettant de se rendre dans le cas contraire, Minority Report à lui tout seul. Il voulut tâter la chose avant de se précipiter mais sa conscience lui intima l’ordre féroce de frapper le ventre un bon coup. Et vlan ! Patatra ! Putain de merde ! Il lui brisa une côte ! Et le vieux de se réveiller en glairant sporadiquement et en hurlant de douleur....

mardi 3 avril 2007

l'amour dans le coma

Nom de Dieu, qu'est ce que c'était bien.

C’est comme ça, une caresse. La caresse d’une vie. On négocie le temps et plein de choses qu’on voudrait oublier parce qu’on est courageux et citoyen, et puis les choses, et bien les choses elles vous rattrapent. C’est pas parce qu’elles sont perverses, c’est parce qu’elles font la caresse d’une vie. Ça vous endort, ça vous affleure, ça vous enveloppe et tout y passe, tous les grains de vous.
On attend et tout se met à disparaître. C’est pire alors.

C'est vrai.
La caresse d’une vie, c’est comme ça.

vendredi 30 mars 2007

give me more fire, fire !!!!

"Tu veux danser ?"
"Non merci, je peux pas j'ai une jambe de bois"
De toute façon les slows, c'est très très très ennuyeux.

Voilà. Il y a des gens qui ne devraient pas exister. Vous savez, ceux que nous ne voulez plus voir, ceux qui vous rendent malade par leur médiocrité, leur pleutrerie, leur complainte inutile. Les sans emplois, les célibataires forcés, les sans passions, sans projets, sans investissement particulier, sans sourire. Il y a un petit recoin de l’existence ratée qui reste à la mode, c’est le loser. Le loser c’est un peu la célébrité des nuls, celui qui « s’en tamponne » de tout et surtout de vous, qui joue l’artiste maudit ou qui s’exprime très régulièrement avec une presque sagesse de cynique sur la vacuité de vos existences à vous. Et même quand un loser réussit, il s’en tient à l’amertume et au cynisme comme un projet de carrière et vous l’adulez pour ça. ça vous fait du bien, le mépris des hautes sphères.
Mais il y a pire, il y a le mépris pour ceux qui sont en dessous de vous, ceux qui passent dans les émissions un peu tordues mais que vous adorez, avec leurs problèmes de boulimie, de violence, d’alcoolisme, d’enfant hyperactif, de maison très très très sale, de pauvreté, d’infidélité, de transsexualité, d’échec scolaire, de chômage (oh là, comme vous y allez !), de TIC, de TOC, de schizophrénie paranoïaque, de mari en prison, de junky. Nananère.
Il y a des gens qui ne devraient vraiment pas exister. Vous.

Il faut bien secouer, sinon la pulpe elle reste en bas et je vous raconte pas comment on a l'air d'un con après.

PS : en hommage à Martiel Martial, j'offre à vos consciences l'image de Caroline Ingalls toute de peau d'écureil vêtu rodéo drivée par le gourdin de chevreuil de Charles Ingalls, ça va donner grave. Parce que la loi de Marcel, c'est la loi Martiale.